<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Pandore &#187; Révolution</title>
	<atom:link href="http://pandore.lescigales.org/category/revolution/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://pandore.lescigales.org</link>
	<description>y a-t-il une vie avant la mort?</description>
	<lastBuildDate>Wed, 04 Jul 2012 23:34:09 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0.4</generator>
		<item>
		<title>Lettre ouverte tibétaine au sieur Mélenchon</title>
		<link>http://pandore.lescigales.org/2012/07/lettre-ouverte-tibetaine-au-sieur-melenchon/</link>
		<comments>http://pandore.lescigales.org/2012/07/lettre-ouverte-tibetaine-au-sieur-melenchon/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Jul 2012 22:17:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>pandore</dc:creator>
				<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Dalai Lama]]></category>
		<category><![CDATA[jacobin]]></category>
		<category><![CDATA[laic]]></category>
		<category><![CDATA[Mélenchon]]></category>
		<category><![CDATA[Tibet]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://pandore.lescigales.org/?p=353</guid>
		<description><![CDATA[Comme beaucoup de lecteurs ébahis, j’ai pris connaissance il y a peu des sorties sidérantes et quasi révisionnistes du sieur Jean-Luc Mélenchon concernant le Tibet et les manifestations ayant accompagné le passage de la flamme olympique à Paris, sorties médiatiques depuis relayées sur son blog et soutenues dans ces mêmes colonnes d’Agoravox par Lilian Massoulier. Je me [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://pandore.lescigales.org/wp-content/uploads/2012/07/melenchine-chine.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-357" title="melenchon chine" src="http://pandore.lescigales.org/wp-content/uploads/2012/07/melenchine-chine.jpg" alt="Melechon pro chinois" width="300" height="200" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comme beaucoup de lecteurs ébahis, j’ai pris connaissance il y a peu des sorties sidérantes et quasi révisionnistes du sieur Jean-Luc Mélenchon concernant le Tibet et les manifestations ayant accompagné le passage de la flamme olympique à Paris, sorties médiatiques depuis relayées <a href="http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=585">sur son blog</a> et soutenues dans ces mêmes colonnes d’Agoravox par <a href="http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=38542">Lilian Massoulier</a>. Je me permets de lui adresser cette lettre ouverte qui s’intéressera uniquement à la question tibétaine, telle qu’il la traite, son antagonisme personnel avec Robert Ménart de Reporter sans frontières me semblant tout à fait anecdotique en la circonstance.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si vous nous avez habitués à ce genre de saillies témoignant d’une subsistance atavique de doctrine trotsko-stalinienne à la sauce ultranationaliste, cette dernière envolée dépasse cette fois tout ce qui peut être dit en matière de contre-vérité historique, de justification de toutes les colonisations, invasions et autres atteintes aux droits des minorités et de l’homme en général.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fait que bien peu de gens soient au fait de l’histoire et de la situation effective du peuple tibétain vous permet sans doute de penser qu’il vous sera plus facile de proférer autant de scandaleuses assertions, mais il n’en est rien. En dehors de toute question idéologique, il se trouve un certain nombre de personnes, dont je suis, qui ont pris la peine, en plus d’avoir un peu étudié l’histoire du Tibet, de se rendre compte sur place de la situation et particulièrement dans les provinces chinoises formant l’ancien Tibet historique.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, avant d’entrer dans le vif du sujet, sachez que vos propos ont au moins le mérite d’éclairer les citoyens sur la réalité idéologique de cette « ultragauche » dont vous vous faites le chantre, entre un Laurent Fabius, sans doute gêné par votre prose, et un Olivier Besancenot qui s’ingénie à travers un discours <em>Bisounours</em> à désamorcer les relents totalitaires qui ont toujours accompagné cette mouvance, dont les accointances historiques avec la droite la plus nationaliste ne sont plus à démontrer.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous arguez de votre amitié envers la Chine, soit. Rien ne me permet de me définir comme un ennemi de ce vaste pays à l’histoire si chaotique, mais rien non plus ne peut m’amener en 2008 à encore croire au miracle maoïste ni aux bienfaits du régime de Hu Jintao dont il vous aura peut-être échappé qu’il figure aujourd’hui la plus grande dictature hyper-capitaliste du monde, aux antipodes des rêves les plus mesurés de vos amis alter-mondialistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Venons-en à vos propos et commençons par votre analyse historique  :</p>
<p style="text-align: justify;">Vous écrivez : <strong><em>« Le Tibet est chinois depuis le XIVe siècle. Lhassa était sous autorité chinoise puis mandchoue avant que Besançon ou Dôle soient sous l’autorité des rois de France. Parler &laquo;&nbsp;d’invasion&nbsp;&raquo; en 1959 pour qualifier un événement à l’intérieur de la révolution chinoise est aberrant. »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dès cette phrase lue, on comprend que votre démarche ne peut être honnête et que tout le reste de l’article sera au diapason. Et là de se demander : êtes-vous inculte à ce point pour étaler aussi fièrement votre ignorance de l’histoire de la Chine et du Tibet ou est-ce pure provocation malsaine ? Car, enfin, votre raisonnement est aussi absurde que de supposer attendre de la France qu’elle règne sur la Russie au prétexte que les troupes napoléoniennes y furent de passage&#8230; Même si ce parallèle est en soit inepte, il a en commun le fait que le peuple russe possède une langue d’une provenance diamétralement opposée au latin dans sa structure comme dans son alphabet, au même titre que diffèrent le chinois et le tibétain, langue d’inspiration birmane fondée sur une construction alphabétique d’origine indienne. Quant au Tibétains eux-mêmes, ils ne sont tout simplement pas de la même race que les Hans, ethnie majoritaire de la Chine. Même s’il est aujourd’hui toujours difficile de rattacher les Tibétains à un autre groupe humain, bien qu’il se rapprochent beaucoup plus des Mongols que des Chinois. De ce point de vue, on pourrait effectivement considérer comme « aberrant » que l’Algérie, différente de race (en tant que sous-groupe racial seulement) et de structure linguistique, ne soit plus française. Personnellement, je ne le regrette pas. Mais puisque j’évoque les Mongols, revenons-en à votre phrase et commençons la leçon d’histoire. Non, M. Mélenchon, le Tibet n’est pas chinois depuis le XIVe siècle, pas plus que l’on peut dire que la Chine est tibétaine depuis le XIVe siècle, bien qu’à un moment donné (VIIIe et IXe siècles), la Chine fut effectivement tibétaine &#8211; eh oui mon bon Monsieur. Vous dites à la fois un énorme mensonge, mais commettez également un grave confusion historique dont les premiers lésés sont les Mongols en personne. Figurez-vous que la période juste antérieure à celle que vous décrivez était celle de la domination totale des Mongols de Kubilaï sur le Tibet comme sur la Chine. Faut-il pour autant souhaiter que la Chine soit aujourd’hui mongole ??? Par la suite, au cours de ce fameux XIVe siècle dont vous ne savez rien et qui marque en Chine l’avènement de la dynastie Ming, le Tibet était totalement indépendant et ce jusqu’au début du XVIIe siècle. En revanche, sachez que, durant la même période, les Tibétains qui, comme vous le dites justement, étaient très loin des gentils enfants de chœurs que l’on nous présente le plus souvent, ont considérablement renforcé leur influence au Nord, instillant leur religion jusque dans les régions les plus reculées de Mongolie grâce notamment au soutien de dirigeants Mongols tels Altan Khan. Et ceci dans le cadre de l’alliance entre les Tibétains Gelugpas et les bouddhistes Mongols. Sachez également que c’est à ce moment qu’apparaît le titre de Dalaï-Lama, mot d’origine mongole et non chinoise, tout comme le mot Tibet. Ce n’est qu’à partir du XVIIe siècle &#8211; le XVIIe siècle, M. Mélenchon &#8211; que les Chinois prennent possession du Tibet, la Chine étant précédemment un pays allié et plus petit que le Tibet. Et quand je parle des Chinois, je parle de la Dynastie Qing, non pas d’origine chinoise, mais Manchoue comme vous le dites&#8230; Et, encore, cette période a vu se succéder plusieurs types de régimes et d’administrations où le Dalaï-Lama fut parfois le véritable chef de l’Etat. Sauf que, toute chose ayant une fin, si si, la dynastie Qing a périclité à la fin du XIVe siècle et le Tibet est REDEVENU INDEPENDANT EN 1913, tandis que les dernières troupes chinoises étaient chassées sans ménagement. Durant cette période qui voit l’avènement du XIIIe Dalaï-Lama, le Tibet est en proie aux luttes d’influences entre pays européens et particulièrement la Russie et l’Angleterre, cette dernière finissant pas s’imposer. Pourquoi le Tibet n’est-il pas légitimement anglais ? Enfin, c’est durant le règne du XIIIe Dalaï-Lama, Thubten Gyatso que l’autorité religieuse, la terrible Théocratie dont vous parlez, a cherché, après d’effectifs longs siècles d’obscurantisme et d’isolement, à s’ouvrir au monde autant qu’à une vision pacifique et humaniste qui est aujourd’hui la sienne et n’a rien à voir, mais vraiment rien à voir avec la fable que vous décrivez. Et, pour avoir arpenté longuement les chemins sinueux des plateaux du Qinghaï aux côtés de familles nomades tibétaines, je saute en l’air en lisant votre description à côté de laquelle <em>Le Tintin au Tibet</em> que vous décrivez et dont l’action, pour information, se déroule au Népal et non au Tibet, semble criant de vérité.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà concernant la phrase lige de votre argumentation sur le Tibet, phrase dont pas un mot ne correspond à la réalité historique ! Passons sur votre comparaison avec la Vendée : <em>« Dit-on que la France a &laquo;&nbsp;envahi&nbsp;&raquo; la Vendée quand les armées de notre République y sont entrées contre les insurgés royalistes du cru ? »,</em>dont la pertinence est à peu près nulle après ma démonstration, mais que les descendants des familles vendéennes massacrées apprécieront à leur juste valeur, bien que les Vendéens n’y aient pas été de main morte non plus (et, je vous rassure, je ne suis pas plus royaliste que vous historien).</p>
<p style="text-align: justify;">Continuons sur votre chef-d’œuvre de désinformation après un grand bond en avant, si je puis dire&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Vous écrivez : <em>« Le Dalaï-Lama et les autres seigneurs tibétains ont accepté tout ce que la Chine communiste leur proposait et offrait, comme par exemple le poste de vice-président de l’assemblée populaire que &laquo;&nbsp;sa sainteté&nbsp;&raquo; a occupé sans rechigner. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Le Dalaï-Lama dont vous parlez, l’actuel Tenzin Gyatso, était, lors des négociations avec la Chine faisant suite à l’INVASION (oui, l’invasion puisque je rappelle que les Chinois avaient quitté le Tibet en 1913), un adolescent de 15 ans !!! 15 ans, M. Mélenchon&#8230; Comment vouliez-vous alors que ce gamin, sans armée et mal conseillé puisse tenir tête à votre idole Mao ??? Cela a débouché sur l’Accord en 17 points dont pas un seul n’a été effectivement respecté par la Chine. Pourtant, très vite, et les Occidentaux, Américains en tête n’y furent effectivement pas étrangers, la rébellion prit comme une traînée de poudre à partir des révoltes du Kham en 1956 dont vous dites : <em>« Cela jusqu’au jour de 1956 où le régime communiste a décidé d’abolir le servage au Tibet et régions limitrophes. Dans une négation des traditions, que j’approuve entièrement, les communistes ont abrogé les codes qui classaient la population en trois catégories et neuf classes dont le prix de la vie était précisé, codes qui donnaient aux propriétaires de serfs et d’esclaves le droit de vie, de mort et de tortures sur eux. » </em>Encore faux M. Mélanchon. Si la négation totale de toute la culture tibétaine, bons comme mauvais aspects, a participé de la « mauvaise humeur » ambiante, c’est avant tout le non-respect de l’Accord en 17 points et surtout la famine atroce, liée à collectivisation des terres, qui a touché toutes les régions tibétaines (Amdo, Kham, etc.) qui sont à la source de ces émeutes. L’émeute de 1959, elle, est essentiellement liée à la poursuite de ce désastre économique et à la tentative d’arrestation du Dalaï-Lama. Vous qui semblez représenter une étrange frange de la gauche, M. Mélanchon, sachez que l’histoire nous montre que le moteur de la plupart des émeutes est avant tout la faim. Et, dans ce cas, cette faim était le fait de votre charmant Grand Timonier, mais comme il n’était pas Américain, les atrocités que l’Histoire lui impute ne semblent pas vous déranger. Et, parmi ces atrocités, je suppose que la mort de plus d’un million de Tibétains dans cette période, ainsi que la condamnation à l’exil de plus de 100 000 d’entre eux ne vous font pas davantage sourciller. Et, je le répète, je ne partage en rien l’angélisme de la plupart des Occidentaux qui ont une vision très déformée de la réalité historique tibétaine, parsemée de violences, d’inégalités et de massacre, comme celle de la plupart des pays de notre planète.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant d’en venir à la réalité de la vie des Tibétains en Chine aujourd’hui, réalité que, comme le reste vous ignorez superbement, je m’attarderai quelques instants (pas davantage) sur votre brillante analyse géopolitique des revendications tibétaines et ses gravissimes conséquences !!!</p>
<p style="text-align: justify;">Je vous cite à nouveau : <em>« En ce qui concerne le droit international et la géopolitique, le dossier du Tibet tel que présenté par ses partisans est un facteur de violences, de guerres et de déstabilisation aussi considérable que celui des Balkans. Quel genre de Tibet est défendu ? Le &laquo;&nbsp;grand Tibet&nbsp;&raquo; incluant des régions comme le Yunnan et le Sichuan, sur les territoires des anciens seigneurs de la terre où sont organisés des troubles en même temps qu’à Lhassa ? Bien sûr, aucun de ceux qui s’agitent en ce moment ne se préoccupe de savoir de quoi il retourne à ce propos. Rien n’indique mieux le paternalisme néo-colonial ni le racisme sous-jacent à l’enthousiasme pro-tibétain que l’indifférence à ces questions qui mettent en cause la vie de millions de personnes et des siècles d’histoire et de culture chinoise. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Vous faites mine d’ignorer les revendications des Tibétains et semblez craindre un embrasement de l’Asie sous les coups de boutoir de leur volonté expansionniste ! Il fallait oser l’écrire. « De quoi il en retourne ? » demandez-vous benoîtement. Vous savez très bien que la seule revendication du gouvernement en exil, des Tibétains du territoire autonome et de ceux des provinces chinoises est d’avoir simplement les mêmes droits que les autres habitants, même si ces droits réclamés pour ce qui est du territoire autonome ne concerne qu’une forme de respect des libertés et non l’instauration d’une théocratie, dont la description que vous faites est liée au Tibet du XIXe siècle et des périodes antérieures au 13e Dalaï-Lama. Sachez d’ailleurs qu’en ces époques il ne faisait pas forcément bon vivre en France non plus pour ceux qui n’appartenaient pas à l’élite&#8230; Quant aux revendications territoriales, elles ne concernent rien d’autre que l’actuel « territoire autonome » et ne demandent pas bien plus que le respect du fameux Accord en 17 points évoqué plus haut et proposé par la puissance chinoise.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà pour ce qui est de votre argumentation concernant le Tibet, M. Mélanchon. Un tissu de mensonges qui frise le révisionnisme typique des staliniens.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui me surprend plus encore, c’est qu’en vantant les bienfaits relativement fictifs de l’invasion chinoise, vous ne faites que justifier toutes les colonisations passées ou présentes, dont l’argument massue a toujours été l’apport des bienfaits de la civilisation. Et là, c’est énorme, surtout de votre part, bien que votre redoutable nationalisme y trouve une part de satisfaction. Etes-vous l’un des soutiens inconditionnels de Georges Bush, M. Mélanchon ??? Vous savez, ce même Bush qui a justifié l’invasion de l’Irak par la nécessité de faire découvrir la démocratie à ces pauvres manants d’Irakiens, en dehors bien sûr des fameuses armes de destruction massive et de liens supposés du régime de Saddam avec Al-Qaïda. J’aimerais connaître votre brillant éclairage sur le sujet&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Pour conclure ce texte, dont je reconnais qu’il est écrit sous le coup d’une froide mais raisonnée colère, je vais vous parler en quelques lignes de ce que vivent les Tibétains en Chine et dans le territoire autonome pour ouvrir vos yeux sur le régime dont êtes désormais complice, comme le furent avant vous nombre d’intellectuels qui avaient au moins l’absence de recul historique pour excuse&#8230; Ce qui n’est même pas votre cas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Depuis l’invasion du Tibet :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un million deux cent mille morts&#8230; Il reste aujourd’hui à peine deux millions de Tibétains au Tibet et quatre millions en Chine, la diaspora étant résiduelle. Pas de quoi mener une grande politique expansionniste, même en cas de retour de l’autonomie, face à plus d’un milliard trois cents millions de Chinois&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Un mouvement colossal de colonisation Han est tout simplement en train de faire disparaître la race tibétaine, les dix dernières années ayant vu la population locale s’étendre à tel point que les Chinois sont aujourd’hui majoritaires dans le territoire autonome.</p>
<p style="text-align: justify;">Les femmes tibétaines sont stérilisées, oui M. Mélenchon, stérilisées par ligature des trompes.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces mêmes femmes, quand elles ne sont pas stérilisées (et même parfois quand elle le sont), sont obligées de se marier à des Hans pour éteindre culture et « race » (mot certes impropre) tibétaine.</p>
<p style="text-align: justify;">D’où qu’ils viennent, nombre de Tibétains fuient leur territoire au péril de leur vie, quitte à tenter l’impossible passage par l’Himalaya.</p>
<p style="text-align: justify;">Le simple fait de prononcer le nom du Dalaï-Lama est susceptible de prison dans les territoires chinois.</p>
<p style="text-align: justify;">Partout où ils sont, les moines Nagkpas cachent leurs tangkas (peintures traditionnelles) de peur qu’elles ne soient immédiatement détruites.</p>
<p style="text-align: justify;">J’arrête-là, sachant que la liste des « bienfaits » apportés par le régime chinois pourrait me prendre la journée&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà, M. Mélenchon, l’ineptie que vous cautionnez&#8230; Voilà ce qu’un responsable politique socialiste, élu de la République française, trouve à dire dans cette période où, pourtant, une gauche responsable et constructive vient tant à manquer à son pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour conclure, je ne résiste pas au plaisir de citer la définition que donne de vous Jean-François Khan dans son <em>Abécédaire mal pensant</em>* : « Jean-Luc Mélenchon : sénateur socialiste tendance gauche archéoronchonne. Excellent tribun, il a deux problèmes : il croit tout ce qu’il dit et ne s’interdit jamais de dire ce qu’il croit. Un type dangereux  ! »</p>
<p style="text-align: justify;">Oui, définitivement, « un type dangereux ».</p>
<p style="text-align: justify;">* <em>Abécédaire mal pensant :</em> Jean-François Khan, éditions Plon 2007</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://pandore.lescigales.org/2012/07/lettre-ouverte-tibetaine-au-sieur-melenchon/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La bombe indienne</title>
		<link>http://pandore.lescigales.org/2011/03/la-bombe-indienne/</link>
		<comments>http://pandore.lescigales.org/2011/03/la-bombe-indienne/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 25 Mar 2011 18:49:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>pandore</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Arundhati Roy]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Libération]]></category>
		<category><![CDATA[lutte]]></category>
		<category><![CDATA[maoïste]]></category>
		<category><![CDATA[nobel]]></category>
		<category><![CDATA[paix]]></category>
		<category><![CDATA[Peuple]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://pandore.lescigales.org/?p=248</guid>
		<description><![CDATA[Il se pourrait bien qu’un jour, fait extraordinaire, les Nobel décernent à Arundhati Roy deux de leurs prix les plus prestigieux: celui de la paix et celui de la littérature. La grande romancière, qui milite contre l’injustice dans son pays, publie un recueil d’essais explosif sur la situation politique internationale. Elle s’explique. Bien qu’ayant, dès [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Il se pourrait bien qu’un jour, fait extraordinaire, les Nobel décernent à Arundhati Roy </strong>deux de leurs prix les plus prestigieux: celui de la paix et celui de la littérature.</p>
<p><a href="http://pandore.lescigales.org/wp-content/uploads/2011/03/1631458.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-249" title="1631458" src="http://pandore.lescigales.org/wp-content/uploads/2011/03/1631458.jpg" alt="" width="485" height="272" /></a></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>La grande romancière, qui milite contre l’injustice dans son pays, publie un recueil d’essais explosif sur la situation politique internationale. Elle s’explique</strong>.</p>
<p>Bien qu’ayant, dès son premier livre, <strong>«le Dieu des Petits Riens»</strong>, inscrit son nom dans le classement très fermé, très envié, des stars de la littérature mondiale, décrochant un contrat d’un million de dollars et le Booker Prize en 1997, l’adorable reine du roman indien (elle fut aussi classée par le magazine «People» au nombre des 50 beautés de l’année 1998) a aussitôt tourné le dos à la carrière facile, internationale et glamourisée, qui s’offrait à elle. Cessant d’écrire des romans, elle a choisi de braver plutôt, avec un courage que nul ne lui conteste, et au péril de sa vie, le gouvernement de son pays pour dénoncer non pas seulement les grandes injustices de notre temps, mais surtout l’horreur économique, écologique, sociale et politique d’un pays, l’Inde, qui passe pourtant pour l’une des démocraties civilisées de notre planète.</p>
<p><strong>D’où vient ce feu, cette détermination, mariés à la plus grande douceur? </strong>Il faut sans doute en chercher les origines loin en elle, dans son enfance indienne, auprès de son père, un planteur de thé bengali, et de sa mère, Mary Roy, une directrice d’école du Kerala connue elle aussi pour son activisme. Ce Kerala dont Arundhati racontera la poétique beauté dans son premier roman, très inspiré de sa propre expérience. Après s’être rêvée architecte, puis décoratrice et scénariste de cinéma, elle rejoint le mouvement de protestation contre la construction de barrages gigantesques, dans la vallée de la Narmada, barrages obligeant des populations entières à quitter un habitat ancestral, au nom du prétendu «progrès économique». C’est alors qu’elle devient cet écrivain engagé dont le gouvernement indien a peur.</p>
<p><strong>Dans «la Démocratie: notes de campagne», </strong>elle s’élève contre l’impérialisme américain, milite contre «l’occupation» indienne du Cachemire, dont elle réclame l’indépendance, dénonce la mainmise des grandes multinationales sur les économies locales. Elle fustige une visite en Inde du président Bush, et hurle au génocide quand des musulmans se font massacrer dans le Gujerat. Contre toutes les intimidations, elle s’est rendue l’année dernière, en février 2010, dans une zone interdite, où des tribus, au cœur des forêts de Dandakaranya, dans l’Etat du Chhattisgarh, ont pris les armes contre les conglomérats miniers internationaux qui, main dans la main avec l’Etat indien, ont entrepris de dévaster leur territoire. Elle a passé ainsi plusieurs semaines avec ces guérilleros maoïstes qui ont fait le serment de renverser l’Etat indien, au risque de se faire tuer dans un raid des forces adverses, ou de passer pour une maoïste rétrograde, les médias officiels ne se privant pas de caricaturer l’engagement de la romancière. Mais peut-on, d’une quelconque manière, stopper Arundhati?</p>
<p>Rien n’est donc plus urgent, on l’a compris, que de lire, et de faire lire, ce manuel d’indignation dont la première des qualités est de ne pas avoir été conçu dans un confortable fauteuil club, mais d’avoir connu, sur le petit carnet de notes où la pasionaria inscrit d’ordinaire ses impressions, la poussière de la route, les larmes de l’impuissance, un carnet taché, froissé, et où l’on dirait que, pour encrier, Arundhati Roy a usé du plus fabuleux des flacons: sa rage et son espoir – celui que la vie soit un jour un peu meilleure pour tous.</p>
<p>***</p>
<p><strong>Le Nouvel Observateur.</strong> – <em>Qu’en est-il, selon vous, de la politique américaine depuis les élections? Obama, c’est mieux que Bush?</em></p>
<p><strong>Arundhati Roy.</strong> – Le problème n’est plus, je crois, de penser la politique internationale, les guerres, les occupations militaires ou le suicide écologique en termes de bons ou de méchants. L’ironie tient plutôt à ce que tout homme, bon ou méchant, dès lors qu’il devient, en tant que président américain, l’homme le plus puissant de la planète, perd aussitôt tout pouvoir, et devient l’esclave d’un système dont il est censé pourtant maîtriser le fonctionnement. La vraie question n’est-elle pas plutôt: le monde que nous appelons civilisé va-t-il nous sauver, ou va-t-il détruire la vie sur Terre et la Terre elle-même?</p>
<p><strong>N. O.</strong> – <em>Vous n’avez pas été heureuse de la victoire d’Obama?</em></p>
<p><strong>A. Roy.</strong> – Obama a élargi le périmètre des guerres en Asie. Avec la bénédiction du gouvernement pakistanais, il est en train de bombarder le Pakistan. Pendant ce temps, l’économie continue de sombrer. Quand il est devenu président, un journal satirique à New York a titré en gros: <em>« Un Noir affecté au pire job »</em>. C’était vrai. Il a été nommé pour entériner la fin de l’empire américain.</p>
<p><strong>N. O.</strong> – <em>Quel est votre sentiment au sujet des révolutions en Tunisie, en Egypte, en Libye?</em></p>
<p><strong>A. Roy.</strong> – Les manifestants ont montré un réel courage. Mais je crois que les enjeux, aujourd’hui, sont ailleurs: il s’agit pour les grandes puissances de détourner l’énergie de ces révolutions en les utilisant à leurs fins cyniques. Quand on lit dans la presse des choses comme: <em>«L’Egypte est libre, les militaires ont pris le pouvoir»,</em> on ne peut s’empêcher de sourire! On sait bien que l’armée égyptienne et le gouvernement américain marchent main dans la main. Hosni Moubarak était, ce n’est pas un scoop, malade, proche de la fin. La transition aurait été hasardeuse. N’a-t-on pas donné un peu d’air au peuple égyptien, opprimé et furieux, avant de le ligoter à nouveau? Sans contrôle de l’Egypte, Israël ne peut plus organiser le siège de Gaza. Les Etats-Unis peuvent-ils accepter cela?</p>
<p>Quand les grands médias occidentaux célèbrent avec enthousiasme la révolution, ça m’inquiète toujours. Après tout, les Palestiniens peuvent se révolter, on peut tuer au Congo par millions, ça ne soulève pas les mêmes réactions. Au Cachemire, des centaines de milliers de manifestants ont bravé, dans la rue, pendant des années, les forces de sécurité indiennes, qui étaient loin d’être pacifiques: leur courage fait-il pourtant la une de la presse occidentale?</p>
<p><strong>N. O.</strong> – <em>Qu’en est-il de la situation dans la vallée de la Narmada, où vous avez intensément manifesté contre la construction de gigantesques barrages, au détriment des populations locales?</em></p>
<p><strong>A. Roy.</strong> – Tous les barrages, dans la vallée, sont en cours de construction. Le grand mouvement anti-barrages, qui s’appuyait sur des arguments profonds et justes, se limite aujourd’hui aux plaidoiries d’un petit groupe d’avocats qui tentent d’obtenir des compensations pour les populations déplacées. C’est une tragédie monumentale. Il y a des centaines de barrages qui sont en train d’être construits dans le haut Himalaya. Les conséquences seront catastrophiques pour l’environnement. Mais ces zones sont très peu peuplées. Personne ne proteste.</p>
<p><strong>N. O.</strong> – <em>Vous êtes aussi très sensible à la situation au Cachemire. Vous y étiez récemment?</em></p>
<p><strong>A. Roy.</strong> – Oui, je m’y rends souvent. C’est la zone la plus lourdement militarisée du monde. Les forces de sécurité indiennes qui stationnent là-bas s’élèvent à 700.000 soldats. Même au plus fort de la guerre en Irak, les unités américaines n’ont jamais dépassé les 200 000 éléments. On ne compte plus, dans cette vallée, les camps militaires, les check-points, les chambres de torture et les cimetières. 68.000 personnes ont été tuées depuis 1990. Habiter là-bas équivaut à vivre sans oxygène ni dignité. C’est un enfer absolu. Une immense prison en plein air.</p>
<p><strong>N. O.</strong> – <em>A quoi faut-il s’attendre, selon vous, en matière de terrorisme international? Croyez-vous à une aggravation de la situation dans l’avenir?</em></p>
<p><strong>A. Roy.</strong> – Une grande part de la puissance économique des pays riches repose sur le marché de l’armement: missiles, avions de guerre, torpilles, hélicoptères, bombes nucléaires. En Inde, où 800 millions de gens vivent avec moins de 20 roupies par jour (30 centimes), le gouvernement dépense des billions pour acheter des armes de ce genre. De même que le Pakistan, dont l’économie est en lambeaux. Pourtant, toutes ces armes sont-elles d’une quelconque efficacité face à la menace terroriste? Je dirais que plus ces pays amassent d’armes de guerre, et versent corrélativement dans le nationalisme le plus vantard, plus ils se rendent vulnérables au terrorisme qui peut les détruire complètement. Nous avons bien vu, lors des attaques de 2008 à Bombay, comment une poignée de teen-agers suicidaires ont pu mettre à genoux un pays entier pendant des jours. Et il ne semble même pas effleurer les dirigeants de nos pays que la seule réponse valable au terrorisme est de résoudre les injustices qui l’engendrent.</p>
<p><strong>N. O.</strong> – <em>Qu’en est-il de l’écriture romanesque? Vous y reviendrez?</em></p>
<p><strong>A. Roy.</strong> – Oui, cela fait un petit moment que j’ai recommencé à écrire un roman. Mais j’avance lentement. Je suis souvent dérangée…</p>
<p><strong>N. O.</strong> – <em>A quoi ressemble votre vie de tous les jours?</em></p>
<p><strong>A. Roy.</strong> – Ma vie n’a, Dieu merci, rien d’une vie de tous les jours.</p>
<p><strong>N. O.</strong> – <em>Pouvez-vous me décrire la pièce où vous travaillez?</em></p>
<p><strong>A. Roy.</strong> – Ce n’est pas toujours la même. Je suis une république en mouvement. Mais j’écris souvent dans mon appartement à Delhi. J’adore y travailler. Il m’arrive d’en embrasser les murs, pour les remercier de donner refuge à une fille comme moi. Pas quelqu’un de facile, comme beaucoup de gens vous le diront.</p>
<p><em>Propos recueillis par Didier Jacob</em></p>
<p><em><strong>La Démocratie: notes de campagne</strong>, par <strong>Arundhati Roy</strong>,<br />
traduit de l’anglais par Claude Demanuelli,<br />
Gallimard, 350 p., 19,90 euros.</em></p>
<p><em>Source : « Le Nouvel Observateur» du 17 mars 2011.</em></p>
<p><em><a href="http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20110315.OBS9703/la-bombe-indienne.html">http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20110315.OBS9703/la-bombe-indienne.html</a></em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://pandore.lescigales.org/2011/03/la-bombe-indienne/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Et la rue destitua Ben Ali : la révolution tunisienne en photos&#8230;</title>
		<link>http://pandore.lescigales.org/2011/02/et-la-rue-destitua-ben-ali-la-revolution-tunisienne-en-photos/</link>
		<comments>http://pandore.lescigales.org/2011/02/et-la-rue-destitua-ben-ali-la-revolution-tunisienne-en-photos/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 02 Feb 2011 21:08:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>pandore</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://pandore.lescigales.org/?p=176</guid>
		<description><![CDATA[Au pouvoir depuis 23 ans, le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali a fui son pays le 14 janvier 2011 à la suite d’une insurrection populaire débutée quelques semaines plus tôt… 1 Des manifestants protestent contre le président Zine el-Abidine Ben Ali à Tunis, Tunisie, le 14 janvier 2011. (Z. BENSEMRA / REUTERS) 2 Des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au pouvoir depuis 23 ans, le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali a fui son pays le 14 janvier 2011 à la suite d’une insurrection populaire débutée quelques semaines plus tôt…</p>
<div>
<div><a href="http://pandore.lescigales.org/wp-content/uploads/2011/02/tunisie1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-187" title="tunisie1" src="http://pandore.lescigales.org/wp-content/uploads/2011/02/tunisie1-300x214.jpg" alt="" width="300" height="214" /></a></div>
<div>
<div>
<div>1</div>
<div>Des manifestants protestent contre le président Zine el-Abidine Ben Ali à Tunis, Tunisie, le 14 janvier 2011. (Z. BENSEMRA / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie2.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>2</div>
<div>Des policiers anti-émeute en position dans le centre de Tunis, le 19 janvier 2011. (F. O’REILLY / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie3.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>3</div>
<div>Des jeunes garçons jouent devant un mur à Sidi Bouzid, la ville de Mohamed Bouazizi, un chômeur tunisien dont le suicide par le feu est à l’origine des émeutes ayant conduit au départ du président, le 19 janvier 2011. (Z. BENSEMRA / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie4.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>4</div>
<div>Vue à travers une vitre brisée de la piscine de la maison du neveu du président Ben Ali à Hammamet mise à sac par des insurgés, le 16 janvier 2011. (Z. BENSEMRA / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie5.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>5</div>
<div>Manifestants dans le centre de Tunis, le 19 janvier 2011. (F. O’REILLY / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie6.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>6</div>
<div>Une femme essaie de passer un point de contrôle dans une rue de Tunis, le 15 janvier 2011. (Z. BENSEMRA / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie7.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>7</div>
<div>Drapeau tunisien pendant une manifestation à Ettadamen dans la banlieue de Tunis, le 15 janvier 2011. (Z. BENSEMRA / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie8.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>8</div>
<div>Un manifestant affronte les canons à eau des forces de l’ordre à Tunis, le 17 janvier 2011. (REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie9.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>9</div>
<div>Des manifestants transportent des pierres lors d’affrontements avec la police à Tunis, le 14 janvier 2011. (Z. BENSEMRA / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie10.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>10</div>
<div>Un homme brandit le drapeau tunisien devant le ministère de l’Intérieur après le discours du président Ben Ali à Tunis, le 13 janvier 2011. (REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie11.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>11</div>
<div>Des manifestants brûlent la casquette d’un policier à Tunis, le 14 janvier 2011. (Z. BENSEMRA / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie12.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>12</div>
<div>Un soldat monte la garde sur un char pendant une manifestation à Tunis, le 17 janvier 2011. (Z. BENSEMRA / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie13.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>13</div>
<div>Affrontement entre un manifestant et un policier à Tunis, le 18 janvier 2011. (REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie14.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>14</div>
<div>Un Tunisien regarde un canapé calciné dans la maison du neveu de l’ancien président Ben Ali à Hammamet, le 16 janvier 2011. (Z. BENSEMRA / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie15.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>15</div>
<div>Des femmes manifestent à Tunis, le 19 janvier 2011. (F. O’REILLY / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie16.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>16</div>
<div>Un soldat tente de calmer la foule d’émeutiers à Tunis, le 14 janvier 2011. (Z. BENSEMRA / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie17.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>17</div>
<div>L’opposant Moncef Marzouki, de retour d’exil, manifeste à Sidi Bouzid, le 19 janvier 2011. (Z. BENSEMRA / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie18.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>18</div>
<div>Des Tunisiens chantent l’hymne national au côté d’un garde lors d’une manifestation à Ettadamen, le 15 janvier 2011. (Z. BENSEMRA / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div>
<div><img src="http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/grand-format/grandformat/tunisie19.jpg" alt="" /></div>
<div>
<div>
<div>19</div>
<div>Un policier (D) escorte un homme touché par des gaz lacrymogènes lors d’une manifestation à Tunis, le 17 janvier 2011. (Z. BENSEMRA / REUTERS)</div>
</div>
</div>
</div>
<div id="gf_footer_links">
<p><!--<a href="/" mce_href="/">Recevoir par mail les nouvelles s&eacute;ries</a> | 			<a href="/" mce_href="/">S&#8217;abonner au flux rss</a> |&#8211;></p>
<div><a href="http://www.facebook.com/sharer.php?u=http://www.slate.fr/grand-format/tunisie-revolution-jasmin-32943" target="_blank"></a></div>
<div><a href="http://www.slate.fr/grand-format/tunisie-revolution-jasmin-32943">http://www.slate.fr/grand-format/tunisie-revolution-jasmin-32943</a><a href="http://twitter.com/home?status=Vu sur Slate.fr - http://www.slate.fr/grand-format/tunisie-revolution-jasmin-32943" target="_blank"></a><!--<a href="/" mce_href="/"></a>&#8211;></div>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://pandore.lescigales.org/2011/02/et-la-rue-destitua-ben-ali-la-revolution-tunisienne-en-photos/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Des manifestants au Caire : « Le pouvoir fait dans son froc ! »</title>
		<link>http://pandore.lescigales.org/2011/01/des-manifestants-au-caire-%c2%ab-le-pouvoir-fait-dans-son-froc-%c2%bb/</link>
		<comments>http://pandore.lescigales.org/2011/01/des-manifestants-au-caire-%c2%ab-le-pouvoir-fait-dans-son-froc-%c2%bb/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 30 Jan 2011 11:53:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>pandore</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://pandore.lescigales.org/?p=134</guid>
		<description><![CDATA[Reportage place Tahrir, au cœur de la capitale égyptienne et des manifestations contre le Président Moubarak. Ne pouvant transmettre par Internet, toujours coupé en Egypte, la journaliste Marion Guénard, qui vit au Caire, nous a dicté cet article au téléphone. Elle a passé la journée sur la place Tahrir, lieu central de rassemblement des manifestants. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Reportage place Tahrir, au cœur de la capitale égyptienne et des manifestations contre le Président Moubarak.</h2>
<p><img class="alignleft" title="Des militaires et des manifestants place Tahrir au Caire, le 29 janvier (Yannis Behrakis/Reuters)." src="http://asset.rue89.com/files/LucileSourds/egypte_tahrir_reportage_inside.jpg" alt="Des militaires et des manifestants place Tahrir au Caire, le 29 janvier (Yannis Behrakis/Reuters)." width="470" height="328" /></p>
<p><!--break--></p>
<p><em>Ne pouvant transmettre par Internet, toujours coupé en Egypte, la journaliste <a href="http://www.rue89.com/riverain/marion-guenard">Marion Guénard</a>, qui vit au Caire, nous a dicté cet article au téléphone. Elle a passé la journée sur la place Tahrir, lieu central de rassemblement des manifestants. Alors qu&#8217;elle finit de dicter son article, elle s&#8217;interrompt et regarde par la fenêtre : une colonne de tanks est en train de remonter sa rue. Voici son reportage.</em></p>
<p><strong>(Du Caire)</strong> Une tâche de sang flotte sur le cortège. C&#8217;est le corps d&#8217;un jeune homme, porté par des milliers de mains, aussitôt élevé en martyr. Des cris d&#8217;horreur fusent. Sur les visages, les larmes coulent. « Les policiers tirent sur nous, ce sont des chiens ! », hurle un manifestant.</p>
<p><img id="image_asset_wizard_vignette_20929" title="Capture d'écran d'Al Jazeera : des manifestants portent le corps d'un mort place Tahrir, au Caire, le 29 janvier." src="http://asset.rue89.com/files/imagecache/asset_wizard_vignette/files/LucileSourds/caire_tahrir_reportage_vignette.jpg" alt="Capture d'écran d'Al Jazeera : des manifestants portent le corps d'un mort place Tahrir, au Caire, le 29 janvier." />Pour la cinquième journée consécutive, plusieurs milliers d&#8217;Egyptiens sont réunis sur la place Tahrir, la place de la libération. Plus déterminés que jamais malgré la présence des tanks, malgré les détonations qui claquent dans l&#8217;air, malgré le nombre des victimes qui augmente. Derrière eux, le siège du Parti national démocrate, le parti du raïs, incendié la nuit derrière, flambe encore.</p>
<h2>« Je ne veux plus de ce gouvernement qui me suce le sang »</h2>
<p>Ola Shabaan, une jeune femme de 32 ans, assure, les yeux brillants d&#8217;espoir :</p>
<blockquote><p>« Même si on doit en payer le prix, nos vies, je ne pense pas que ce soit cher payé. Ce qui se passe aujourd&#8217;hui est une victoire pour l&#8217;Egypte, pour nos enfants et pour les générations futures. »</p></blockquote>
<p>Les coups de feu s&#8217;intensifient. Dans les rues adjacentes, des affrontements ont lieu entre la police et les manifestants. Plusieurs dizaines de blessés s&#8217;extraient de la ligne de front la tête ensanglantée, le corps et les jambes parfois criblés de petites balles en plastique. Des culots de balles réelles circulent de mains en mains.</p>
<p>Bousseina Said en serre un dans son poing. Vendredi, elle était en première ligne. « J&#8217;ai été touchée au coude, à la cuisse, et une balle a effleuré ma tête », raconte cette coiffeuse de 35 ans, le bras bandé et la joue égratignée. « Mais je m&#8217;en fiche, je ne veux plus de ce gouvernement qui me suce le sang ! »</p>
<p>Plus loin, des manifestants interpellent les militaires, juchés sur leurs chars. « Nous vous respectons, nous aimons l&#8217;armée ! Mais nous ne voulons plus de Moubarak. Qu&#8217;il dégage ! », lance un civil avant de prendre dans ses bras l&#8217;officier qui lui fait face. « Nous aussi, nous aimons les Egyptiens », lui répond le gradé.</p>
<p>Vendredi soir, le Président a appelé l&#8217;armée en renfort pour faire taire l&#8217;insurrection. Mais à aucun moment elle ne s&#8217;est montrée menaçante. Sami Khattab, 30 ans, habitant du quartier populaire de Shubra, dans le nord du Caire, s&#8217;interroge :</p>
<blockquote><p>« On ne sait pas quel camp a choisi l&#8217;armée, le peuple ou le Président. On a besoin de l&#8217;armée. Avec elle, le Président tombe, comme en Tunisie. »</p></blockquote>
<h2>Le règne de la confusion</h2>
<p>A mesure que la nuit approche, la situation devient de plus en plus confuse. Les rumeurs circulent. « Il faut partir, l&#8217;armée a reçu l&#8217;ordre de tirer sur les personnes qui ne respecteront pas le couvre-feu », lance un manifestant.</p>
<p>Soudain, une immense clameur monte de la foule. Un cri de joie collectif. Les manifestants s&#8217;embrassent et se prennent les mains. Mais la liesse est de courte durée. Tous ont cru qu&#8217;Hosni Moubarak avait quitté le pays. L&#8217;information était fausse.</p>
<p>« C&#8217;était une ruse pour nous faire reculer », explique une manifestante, convaincue.</p>
<p>Armée, violence, désinformation… peu importe, Bahaa est confiant. Cet Egyptien de 52 ans est un habitué de la contestation. Il était déjà là en 1977, lors des émeutes contre l&#8217;augmentation du prix du pain, lesquelles avaient fait vaciller le régime :</p>
<blockquote><p>« On a déjà gagné. Ils ont coupé Internet et le téléphone. Ils usent d&#8217;une violence inouïe contre nous : c&#8217;est sûr, ils font dans leur froc ! »</p></blockquote>
<p><img title="Des manifestants porte un Egyptien blessé sur la place Tahrir, au Caire, le 29 janvier (Yannis Behrakis/Reuters)." src="http://asset.rue89.com/files/LucileSourds/egypte_tahrir_reportage_inside2.jpg" alt="Des manifestants porte un Egyptien blessé sur la place Tahrir, au Caire, le 29 janvier (Yannis Behrakis/Reuters)." width="470" height="302" /></p>
<p><em>Photos : des militaires et des manifestants place Tahrir au Caire, le 29 janvier (Yannis Behrakis/Reuters) ; capture d&#8217;écran d&#8217;Al Jazeera : des manifestants portent le corps d&#8217;un mort place Tahrir, au Caire, le 29 janvier ; des manifestants porte un Egyptien blessé sur la place Tahrir, au Caire, le 29 janvier (Yannis Behrakis/Reuters).</em></p>
<p>http://www.rue89.com/2011/01/29/des-manifestants-au-caire-le-pouvoir-fait-dans-son-froc-188132</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://pandore.lescigales.org/2011/01/des-manifestants-au-caire-%c2%ab-le-pouvoir-fait-dans-son-froc-%c2%bb/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
